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29.04.2008
PROGRAMME DE MERCREDI
Demain, c'est mercredi.
Ce sera le jour des intra-td, de tous les intra-tds, ceux prévus la semaine dernière et celui prévu cette semaine.
Par activités, il fallait entendre les commentaires de documents, chers étudiants et non moins chères étudiantes.
Bon courage. Le programme des révisions, comme précisé naguère, court jusqu'en 1832.
Voilà...
A demain, si on veut bien...
18:29 Publié dans AUX ETUDIANTS | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
13.04.2008
CORRIGE DAUMIER
L’auteur est né en 1808, dans un milieu modeste d’artisans ( père est encadreur ). A l’âge de 13 ans, il doit s’engager comme « saute-ruisseau » chez un huissier de justice. Il manifeste déjà un engouement pour le dessin. Entre 1822 et 1825, ponctuellement, il apprend les rudiments du dessin et de la sculpture auprès de maîtres plus ou moins renommés. En 1825, il entre en apprentissage chez un éditeur et lithographe, et ce jusqu’en 1830. Il y affirme des dons certains pour la caricature. D’ailleurs, en 1830 et 1831, sont publiées ses premières caricatures. Il excelle en peu de traits à produire une caricature aisément compréhensible pour tous. En 1832, son talent le fait condamner à la prison, pour des lithographies sur Louis-Philippe considérées comme subversives. Il est envoyé en prison jusqu’en 1833. Il est dés lors renommé et connu pour ses caricatures. Et, en 1833, le Charivari publie sa première caricature. Il connaît un succès rapide, à un el point qu’il peut désormais vivre de son art. En 1839, il signe un contrat qui lui accorde 2000 francs d’avances et 50 francs par œuvre en échange de l’exclusivité. Son talent ne se limite pas à la lithographie. Comme beaucoup de typographes et d’imprimeurs , il est un républicain farouche.. d’où sa participation à ce concours.
Le document possède un contexte bien précis, celui du concours voulu par la République pour choisir la « figure de la République ». En effet, le troisième bulletin de la République, le 17 mars 184, publie l'appel du ministère de l'Intérieur auprès des artistes pour « présenter des esquisses peintes de la figure symbolique de la RF. » ces esquisses seront étudiées par un jury composé d'artites, de littérateurs et d'hommes d'Etat, sous la présidence du ministre de l'Intérieur. Il aura à retenir 3 esquisses puis, enfin, parmi les trois propositions reproduites en grand format, l'une d'entre-elles serait sélectionnée, afin d'orner les salles des assemblées publiques et des municipalités, comme le précise une décision complémentaire. // des concours sont organisés pour une médaille commémorant la Révolution et pour une figure sculptée de la RF. Bref, il s'agit bien d'une bataille d'images et de remplacer les portraits du Roi par une Marianne, figure traditionnelle de la République. Quelle figure de Marianne nous propose le caricaturiste Daumier ?
I- UNE FIGURE AMBIVALENTE
1) une femme forte
La Marianne de Daumier est une femme forte, bien en chair, presque adipeuse, qui ne s'inscrit pas dans la tradition des Marianne, plutôt présentées comme des jeunes femmes accortes. Mais c'est aussi une femme forte car mature, la Marianne est une femme mûre, une femme âgée, dans la force de l'âge. Référence à son âge symbolique, puisqu'elle est née en 1792. Une femme forte aussi pour en imposer, pas une Marianne fluette, mais une Marianne bien nourrie, qui ne s'en laisse pas imposer. Elle a d'ailleurs triomphé de l'adversité et s'impose à nouveau en 1848. Daumier entend donc transmettre à la postérité l’image d’une femme forte que l’adversité a grandie, comme elle entend aussi confirmer à ses contemporains son retour sur la scène politique. On sait que Daumier s'est inspiré des oeuvres de Rubens et notamment des portraits de Marie de Médicis, peints entre 1622 et 1625, ornant la galerie du Luxembourg. Cette femme est forte parce que c'est une figure maternelle.
2) Une figure maternelle
Cette manifestation de puissance ne fait pas de Marianne un personnage asexué : les seins dénudés que comporte la peinture rappelle la féminité de celle qui, par sa force, est au pouvoir, Elle posssède une poitrine que l'on peut qualifier d'opulente sans exagération, cette Marianne soutient bien ce qu'elle avance. Ses protubérances mammaires renvoient aux images traditionnelles des déesses de la Fertilité, comme celles de Gaule. Les trois enfants présents renforcent cette impression et cette identité. Marianne est une femme assurément fertile. On peut s'interroger sur cette trinité, évocation fugace de la trinité républicaine, liberté, égalité, fraternité ? Ou insistance simplement numérique de la fertilité de cette figure maternelle ?
Daumier a donc choisi de présenter une figure de Marianne assez ambivalente, une femme forte, qui rappelle les canons esthétiques anciens, et une figure maternelle. Bref, une figure complexe qui exalte les qualités féminines tour à tour. Mais cette figure est aussi très nettement une figure du peuple.
II– UNE FIGURE DU PEUPLE POUR LE PEUPLE
1) Une figure populaire
Cette Marianne est demi-nue, cette nudité partielle évoque deux choses. La nudité antique, et Marianne possède des attributs antiques, comme le bonnet, peut-être une manière de rappeler et de souligner cette identité, elle est d'ailleurs revêtue d'une sorte de toge antique, qui rappelle la toge des citoyens romains, les citoyens de la plus prestigieuse des Républiques antiques et anciennes. Dans l'antiquité, seuls les dieux et les héros étaient représentés nus, ici, elle est à demi-nue. Mais cette nudité est aussi celle des humbles, des modestes, de celles et de ceux qui n'ont rien à cacher. C'est une figure humble, simple, modeste qui est proposée, pas une abstraction complexe, mais une figure connue, familière, sans apprêts, sans atours, une femme comme il en existe tant d'autres dans la République française. Cette Marianne est une allégorie des femmes de France, de ce peuple ouvrier et industrieux, de ce peuple de paysans. Cheveux flottants, dépouillement, simplicité des attributs...
2) Une figure humanitaire
De la figure maternelle à la figure humanitaire, il n'y a qu'un pas. La République de 1848 exalte la fraternité, on parle d'un esprit de 1848, une fraternité sociale, fin du conflit, du différend entre les classes dont parle Lamartine, fratrernité entre les peuples et tous les peuples comme l'a rappelée l'abolition de l'esclavage. Mais cette humanité est aussi nourricière. La République, incarnation de la Charité et de la mère des compagnons (identité d'ailleurs soulignée par la patte d'oie dans le triangle dans le piedestal du trône), est un régime nourricier, frumentaire, pour souligner davantage les traditions antiques, comme la république romaine l'était avec sa plèbe. Elle nourrit ses enfants, accrochés à ses seins, qui semblent bien vigoureux, musclés, bien portants. Ce rôle nourricier est corroboré par les premières mesures sociales de la République, avec la reconnaissance du droit au travail et la création le 26 février des ateliers nationaux, qui rappellent les ateliers de la charité, emploi des chômeurs par des travaux publics, bien payés, 2 francs par jour, qui n'est guère éloigné d'un salaire. Bref, la République éloigne le spectre de l'indigence. Mais elle ne se contente pas que de nourrir ses enfants, elle les instruit aussi, un des enfants lit un livre. Projet d'une instruction laïque et gratuite prise en charge par l'Etat, qui poursuit l'oeuvre entreprise par Guizot (1833). Le SU doit être éclairé par l'instruction, les lumières doivent être diffusées partout, pour tous...
Daumier nous livre donc une figure de Marianne populaire et au service du peuple. Il s'agit d'une allégorie très politique et très politisée. Toutefois, cette Marianne possède aussi des caractères traditionnels.
III – UNE FIGURE AUX ATTRIBUTS TRADITIONNELS
1) Une figure révolutionnaire
- bonnet phrygien
- drapeau tricolore
- figure libertaire, toge, accès à la citoyenneté de l'ancien esclave, image révolutionnaire très forte
2) Une Marianne victorieuse
- elle trône symbole de victoire, manifestation de puissance
- impression d'élan, de dynamisme, de mouvement vers l'achèvement de la Révolution, cycle qui se termine, 1848 doit terminer le cycle ouvert en 1789 et interrompu en 1830
- vêtement blanc, une nouvelle page à écrire
- prête à défendre sa victoire, regard déterminé, prête à se lever
18:57 Publié dans TD-Fonda-contemporaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note